Rigueur…

Il y a les mots répétés à longueur de journées, tellement que leur énoncé suffit à évoquer sans plus de discussions un contenu. C’est le cas des « boules puantes » par exemple. Il arrive même qu’une expression complète  acquière ce statut d’évidence, confinant quasiment au mythe fondateur, comme par exemple : « la Présidentielle, c’est la rencontre entre un homme [ou une femme, il a bien fallu le rajouter au grand dam des dits-hommes] et le peuple ».

Et puis il y a des mots qui, tout en répondant à ce principe d’évidence obtenue à force de martelage, possèdent une caractéristique supplémentaire : c’est le mot qu’il ne faut pas dire, que (soit-disant) personne ne dit et que pourtant tout le monde entend.

La rigueur par Vidberg

Le jeu du « ni oui ni rigueur » est un ballet hypocrite, un pas de danse à trois protagonistes (majorité, opposition, journalistes). Les uns disent « il n’est pas question de rigueur », les autres disent « il faut appeler les choses par leur nom », et les derniers, par la voix des éditorialistes qui ont toujours réponse à tout, dissertent et s’écharpent pour savoir si on doit, oui ou non, dire rigueur.

La réponse est urgente : il s’agit tout de même de savoir si les 12 milliards d’euros supplémentaires ponctionnés sur les ménages seront rigoureux ou non…