En passant

Clouer le Houellebecq…

Clouer le Houellebecq. Ou pas. Le nom de l’obsession du moment, qui s’ajoute à d’autres obsessions parfaitement identiques. Au bruit que fait le scandale ne répond que le bruit de la réprobation. D’où vient que l’un soit aussi vomitif que l’autre ? La Morale brandie en étendard est toujours suspecte, et la gueule sévère des chevaliers blancs donne bien souvent une consistance aux concepts creux brandi par les chevaliers noirs : désormais, on n’a plus que du « bien-pensant », du « nauséabond » et du « politiquement (in)correct » à se balancer à la gueule. Les positions ne sont plus que de principe, faute d’avoir encore un espace pour penser.

Dans le brouhaha et la vitesse, on ne se rend même plus compte que les positions sont réversibles en fonction du sujet, que le problème est pour les chevaliers blancs moins la haine elle-même que l’objet aux dépens duquel elle s’exerce. Il n’est même pas besoin de lire pour en penser quelque chose: dans un monde ou le meta-discours et le commentaire ont pris toute la place, les artistes sont en passe de devenir les idiots utiles de la société du spectacle.