Front Républicain (nie, nie, …)

Dans un régime parlementaire à la proportionnelle, on appelle ça une coalition. Ça se négocie et ça débouche sur un programme commun.

Dans un régime présidentiel au scrutin majoritaire, qui ne débouche sur rien d’autre qu’une élimination arithmétique, ça s’appelle un déni de démocratie. Ni plus ni moins.

La démocratie n’est pas à géométrie variable. Il faut accepter d’avoir mal au cul quand c’est nécessaire : ça donne beaucoup plus envie d’agir qu’en se cachant derrière un antifascisme de canapé.

Łodz

« La scène se passe en Pologne, c’est-à-dire nulle part » (Alfred Jarry)

J’étais parti vers nulle part. Et je me suis rendu compte assez vite que, comme le disait Jarry, « nulle part est partout ». A l’arrivée, pas plus de père Ubu que de plombier. Mais Radek, Pawel, Tomasz, … Des visages, des envies… Et le poids d’une histoire qu’on sent lourde à chaque pas, jusque dans les cris de la fête où l’histoire se voudrait absente. Lire la suite

Le dernier sorcier des mots piquants…

Enflammé, enflammant, inflammable,
le dernier pirate de la poésie Jazz,
compose, impose sa poéjazzie,
Lubat et sa bande,
mettent la connerie Lubat que terre.

On suit les lubies de Lubat and co,
Lubat et sa bande ad’Oc qui
en vers et contre-ut tout
[dézinguent,
et scattent, et s’battent,
car qui se bat ne subit.

Les verbes du pro
faites qu’ils durent,
à cueillir au bord de la scène.
Ca pousse à la va comme il nous pousse
[Bernard,
par à coups, vrai chef.
Chapeau bas. Lubat.

Lubat

Bernard Lubat enflamme le Parc Floral… (extrait non représentatif)

Il est interdit de consommer…

« il est interdit de consommer dans le magasin »: quelle étrange interdiction à l’orée d’un supermarché !

Est-ce la conscience du ridicule de cette imprécation qui a poussé le vigile à m’interdire de photographier le panneau ? Ce serait trop espérer je crois: toute photo est par définition complètement interdite dans ces lieux. Pourtant, que pourrait-on y saisir de si secret qui ne soit visible à l’oeil nu ?

En tous les cas, une question me taraude : dois-je appeler la police pour dénoncer ces milliers de personnes en infraction, qui consomment à tour de bras ?

Il est interdit d'interdire...

Curieux principe : l’entrée est libre mais ponctuée d’interdit, la sortie est payante, assortie pour certains d’un blanc-seing à fournir en plus de l’argent. Notons que la couleur rouge du panneau dit bien le caractère perturbateur, tout juste toléré, des « anormaux » en tout genre. Tout juste leur fait-on une place du fait de leur capacité à consommer (mais n’était-ce pas interdit ? Passons…)

Il est amusant d’imaginer pour les femmes enceintes la présentation du justificatif rond et volumineux qu’elle n’ont aucune chance d’oublier chez elles. Il est peut-être moins amusant d’imaginer, qu’agacés par cette stigmatisation, les personnes handicapées exhibent à la caisse du supermarché, pour simplement bénéficier d’une priorité qui leur est due, les traces de leurs infirmités.

C’est dans tous les cas la marque de notre échec collectif, de notre incapacité à vivre ensemble : non seulement l’évidence ne va tellement plus de soi qu’il faut édicter un réglement, mais il faut encore que ce soit aux « bénéficiaires » de mendier par la preuve ce qui leur serait dû sans mots…

Au pied…

Entendu dans une rue du Friedrichshain : un homme d’une trentaine d’année, peut-être moins, qui rappelle son chien parti aux avant-postes : « Trotski! »

Il y a dans cette seule interpellation la révélation d’un antagonisme rendu partout ailleurs invisible à l’oeil nu. Nulle ironie dans ce nom : ce chien est le meilleur ami de l’homme. Il n’est pas comme ces cafards qu’on aurait nommés à seule fin de pouvoir donner un caractère jouissif à leur écrasement.

Ici, sur Eldenaerstrasse, Trotski est à sa place, défend tout comme son maître son territoire; Trotski est un rempart à poil dur, aide-mémoire et antidote contre une histoire trop simple écrite par les vainqueurs. Trotski gambade, renifle et furète, à l’affût de quelles traces ? Des effluves de DDR qui pourraient le faire éternuer aux odeurs de misère libérale qui pourraient le faire vomir, il n’est pas étonnant qu’il cherche son chemin dans un paysage aussi stupéfiant…

Observations parisiennes

Le matin aux heures de pointe, les parisiens sont odieux avec un naturel qui force le respect.

L’évolution est de l’espèce est admirable : l’homme est un singe qui s’est redressé, mais en plus, il a appris à dormir debout.

Comme je pense à Chevillard, je me dis qu’il me faudrait un troisième truc pour faire bonne mesure; mais, parisien des heures de pointe à ce moment précis, je dors debout.

Friedhofspark…

Les cimetières américains de Normandie donnent une idée assez juste de ce que serait la surface du monde si l’on avait planté une croix partout où la vie d’un homme s’est arrêtée. (Eric Chevillard)

Friedhofspark

Je n’aurais pas dit mieux, et peut-être en aurait-il dit autant du Friedhofspark de la Pappelallee de Berlin, où les enfants courent autour des tombes, où le partage d’espace entre les vivants et les morts semble résulter des savants calculs d’un scénographe inspiré.