Terrain Glissant (de la récupération en milieu océanique)

Edouard glissant outre-monde tandis que d’autres hommes, impolitiques, au même moment, poussent jusqu’à l’outrance un hommage stérile, infertile, incapable d’être un « Hommage », une parole qui forgerait l’Homme sans distinction.

De cet hommage minuscule des prétendus grands ne reste qu’un arrière-goût d’impudence, une très légère nausée. Un vertige qui permet d’entendre derrière l’Universel l’univers seul, derrière la Trace la race, derrière l’Outremer l’être-nerf.

Ces ultramalins ont la stupidité de croire que leurs mots-buvards peuvent boire la couleur outremer de la sagesse Glissante : mais en fait de camouflage, les cyniques sont démasqués par les évidences du Tout-Monde, qui reviennent en rafales d’Alizés comme autant de camouflets.

Edouard Glissant

« La vraie diversité ne se trouve aujourd’hui que dans les imaginaires ».

Aucune identité n’est une et indivisible, aucune identité ne se définit par décret : voilà ce que disent Chamoiseau et Glissant, expressis verbis comme dit l’imparfait du subjectif (sans savoir de quoi il parle).

Pauvres ceux qui se racornissent entre les quatre murs de l’Identité nationale, dans laquelle ils tentent péniblement d’inclure, c’est-à-dire de faire disparaître, les populations d’outre-mer. Aussi vrai que l’asphyxie est à l’intérieur plus qu’à l’extérieur, que les moisissures naissent du manque d’air frais et de promiscuité, l’imaginaire n’est lui nourri que d’horizons.

Pauvres ceux qui ne s’accordent pas la liberté de choisir, en esprit, leur sol natal, et de le re-choisir autant de fois que nécessaire. Quelle déveine de naître vivre et mourir si sûr de son fait.

Quand les murs tombent…

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