Au pied…

Entendu dans une rue du Friedrichshain : un homme d’une trentaine d’année, peut-être moins, qui rappelle son chien parti aux avant-postes : « Trotski! »

Il y a dans cette seule interpellation la révélation d’un antagonisme rendu partout ailleurs invisible à l’oeil nu. Nulle ironie dans ce nom : ce chien est le meilleur ami de l’homme. Il n’est pas comme ces cafards qu’on aurait nommés à seule fin de pouvoir donner un caractère jouissif à leur écrasement.

Ici, sur Eldenaerstrasse, Trotski est à sa place, défend tout comme son maître son territoire; Trotski est un rempart à poil dur, aide-mémoire et antidote contre une histoire trop simple écrite par les vainqueurs. Trotski gambade, renifle et furète, à l’affût de quelles traces ? Des effluves de DDR qui pourraient le faire éternuer aux odeurs de misère libérale qui pourraient le faire vomir, il n’est pas étonnant qu’il cherche son chemin dans un paysage aussi stupéfiant…

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